Infos

Vous parcourez actuellement les archives de la catégorie Billet d'humeur.

Calendar
février 2012
L Ma Me J V S D
« jan    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829  

Archive de la catégorie Billet d'humeur

Les élections à l’Université du Sud Toulon… Soutien à Marc Saillard !

Un philosophe se doit de s’engager pour la vertu et le renouveau… aussi j’ai décidé de soutenir la candidature de Monsieur Marc Saillard et de toute l’équipe qui œuvre à ses côtés afin de favoriser le changement et surtout créer une nouvelle dynamique de travail au sein de l’Université du Sud Toulon Var.

 

Alors rejoignez la mouvance Marc Saillard en exprimant par un simple mail votre soutien à l’adresse suivante :

c.a.a.ustv@gmail.com

 

Merci à tous : car il n’est point de changement sans courage et sans esprit de mobilisation !

 

Laurence Vanin-Verna

Internet… pas si net !

Internet, pas si net ! 

animaux_114.gifDe toute évidence, le nombre d’abonnés à Internet ne cesse d’augmenter et nous pouvons dire que chaque ménage qui possède un ordinateur semble aussi, avoir opté pour une connexion au net. Bien souvent aussi, à l’achat d’un ordinateur on vous offre quelques heures d’abonnement afin de créer “la dépendance”. Et oui, au domicile ou sur les lieux du travail Internet a su s’imposer comme une nécessité, une nouvelle technologie indispensable… à l’université par exemple il est un moyen non seulement d’avoir accès aux informations mais aussi un moyen de transmettre des courriers, des notes… De l’outil de travail, à l’instrument facilitant la consommation, ou encore outil ludique, Internet a trouvé sa place et a su “imposer” son utilité.  

C’est pourquoi “la philosophe” que je suis, avait à cœur d’aborder ce nouvel outil de communication. Présenter à l’origine comme un fabuleux moyen de communication et d’accès au savoir, Internet a également su montrer ses paradoxes avec ses déviances, et son utilisation détournée de toute morale. Internet n’est-il pas aussi un outil au service de la corruption, des menteurs et des réseaux mafieux ou extrémistes ?  

A l’heure de la revendication de la liberté d’expression comment favoriser une éthique de la communication ?  

Certes Internet reste une fabuleuse source d’informations et de communication, rapide et efficace. Il s’agit d’un outil efficace qui renforce la rentabilité professionnelle, permet de gagner du temps et de correspondre avec la famille ou les amis qui se sont éloignés. Pourtant, il faut se méfier : si chacun peut créer un site, rien ne garantit l’exactitude des informations qui y sont évoquées. Il devient alors rapidement un lieu de propagation des opinions. Il passe alors à côté de la vérité, ou de la science. L’écran a donc remplacé la paroi de la caverne, chère à Platon, où les ombres se projetaient au regard de prisonniers qui les prenaient pour la réalité. Ce qui invite alors à la vigilance et à la nécessité de faire un tri. 

med3d-virus.gifPuis nous ne pouvons ignorer les déviances et la nécessité de protéger les mineures devant ce nouvel outil. Les différents “chats” ou salons de conversation proposent un ensemble de jargons internautes “déconnectés” de la réalité. Sur la forme, trop souvent, les dialogues se limitent à une expression phonétique modifiée par la nécessité d’écrire vite. Pour les plus jeunes, c’est-à-dire ceux qui ne maîtrisent pas encore l’orthographe, cela peut avoir des effets néfastes sur leur scolarité. Sur le fond, le contenu des “conversations” est souvent déplorable : de la drague lourde, à connotation sexuelle dont personne ne voudrait à la vie, dans une rencontre réelle; des dialogues qui tournent en rond, sans véritable contenu… et des enfants ou adolescents qui peuvent être manipulés par des adultes sournois… Là, les parents ont véritablement un rôle à jouer : non pas de censeurs, mais de protecteurs. A cela s’ajoute que la notion de temps de connexion est complètement faussée : certains adolescents négligent leurs devoirs pour retrouver les copains internautes, pour jouer en réseau. Il est loin le temps de la partie de cartes entre amis : moments de rencontre, d’échange de rires… C’est pourquoi il importe de mettre en place d’une éthique de la communication.  

Enfin, notons qu’Internet engendre une communication faussée dans laquelle les correspondants (les adultes sont également concernés) sont, eux-mêmes manipulés et abusés : l’écran faisant obstacle à l’intersubjectivité : difficile de croire en la sincérité des échanges. 

Le phénomène de transfert s’est accentué avec la mode Facebook. Chacun peut mettre en ligne ses photos, créer son groupe d’amis, de fans, rejeter selon ses propres critères les individus à exclure. Facebook permet donc de créer son petit salon où l’on cause… mais de soi bien sûr ! Narcisse ne se mire plus dans l’eau, mais constate sa popularité à mesure que le nombre de ses contacts augmente. Sa cote de popularité a un effet miroir sur son ego. Le prince en son salon privé se joue des apparences et alimente les discussions avec ses « valets »… Ainsi chacun peut étaler sa vie sur un écran, et se donner l’impression de passer à la télé pour y mimer sa propre saga : “Amour, gloire et beauté”

 

detente_27.gifAlors, nous pouvons nous réjouir de constater que certains acceptent de quitter leur place d’Internaute, leur « caverne » pour enfin se consacrer à la vie réelle, rétablir les discussions entre amis, entre voisins.

Il suffit parfois, non pas d’un simple clic, mais d’un chaleureux sourire, d’un regard bienveillant pour concrètement rompre sa solitude et entrer en relation.                                                                                      L.V.V

Billet d’humeur de L.V.V : L’affaire des retraites

L’affaire des retraites… à retardement ! 

La logique consiste à penser que la fleur de l’âge dans l’emploi concerne la tranche entre 40 et 50 ans. Avant, le quidam considère que le jeune est « trop jeune »… inexpérimenté, incapable de prendre de bonnes décisions… et si le jeune est de sexe féminin… qu’il va tout faire pour contrarier son patron, d’autant qu’il a trouvé comme idée d’enchaîner une ou deux maternités… Elle est ingénieuse la bougresse !Après 50 ans, vous êtes « vieux » : trop expérimentés vous coûtez trop cher à votre patron… les formations que vous devez suivre pour rester compétitifs,  vous éloignent momentanément de votre poste, vous rendent indisponibles et sont également onéreuses. Et comme le temps où un ouvrier entrait à l’usine, y restait toute sa vie en gravissant progressivement tous les échelons, est révolu. Qu’un individu, à moins d’être fonctionnaire, est amené à changer régulièrement d’entreprises, de postes etc… le cinquantenaire n’échappe pas à la règle et se trouve, par suite, confronté aux problèmes de la reconversion, du chômage, de la mise à la retraite anticipée…Alors quelles solutions pouvons-nous évoquer, à l’heure où le gouvernement propose d’allonger le temps de cotisation et donc de travail et qu’on n’ose même pas imaginer le statut du soixantenaire en entreprise ? Le prétexte évoqué est l’allongement de l’espérance de vie… mais rien ne permet d’affirmer que ce fait soit maintenu pour les générations futures… une alimentation moins saine, moins naturelle, la pollution, les conduites à risque, etc… Cette espérance de vie sera tôt ou tard amenée à se stabiliser, voire régresser, car l’homme n’est pas éternel ! Par ailleurs, nous avons précisé que jusqu’à 50 ans environ l’homme est en pleine maturité professionnelle… alors plutôt que d’augmenter la durée globale de travail, pourquoi ne pas envisager de revenir aux 39 heures de travail avec une semaine de congés payés supplémentaire par an. Ainsi les forces vives seraient pleinement utilisées et les efforts partagés. Les hommes travailleraient davantage, mais en compensation ils bénéficieraient d’une semaine de vacances supplémentaires. Les entreprises pourraient tirer profit de ses heures travaillées et renforcer leur économie…  

Mais je suppose que les gouvernants y ont déjà réfléchi et qu’ils ont trouvé cette possibilité moins intéressante…

L.V.V

Billet d’humeur de L.V.V : Les délinquants en culotte courte !

 

La coupe du monde de Football s’est achevée dans un climat conflictuel absolu … Logique : un entraîneur qui touche du doigt qu’il a fait de mauvais choix, un staff bien vite dépassé par les événements, même les ministres en perdent leur sang-froid !

Quant aux joueurs… Comble de l’histoire nous ne les avons pas vu jouer… Par contre le peuple français a pu assister à la grève des « milliardaires » confinés dans leur autobus, la délation, la délinquance et les affaires de mœurs ! Il a assisté aux matchs bien décevants des petits « délinquants » en culotte courte… apte à jouer les terreurs des vestiaires, les petits caïds de la « balle » ! Qui ont bien vite été renvoyés chez eux, tête basse… Alors, nous avons entendu bredouiller de vagues excuses, la quête du délateur nous a bien fait sourire… Les bourreaux devenant les pauvres victimes… Sachant se serrer les coudes au seul moment où il fallait rendre des comptes et donner des explications… Explications qu’ils n’ont su donner, normal à de tels agissements, il n’y en a pas ! Sans compter l’arrogance, le mépris des autres équipes et des organisateurs… Bref, c’était pitoyable et il y aurait encore beaucoup à dire.

Tout va bien, donc, puisqu’il n’y en a pas « un pour racheter l’autre »… Ce qui fera l’affaire de Laurent Blanc qui n’aura pas d’hésitation à tous les virer pour reconstituer une équipe « digne de ce nom » : esprit de corps, envie de jouer et de gagner, ambiance fair-play, une petite fierté à représenter la France… et un peu de conviction au moment d’entonner l’hymne national !

Une équipe qui saura conquérir ses supporters et pourra susciter la sympathie… histoire de fédérer les enthousiasmes !

Souvenir, souvenir ! Ce que j’avais écrit lors de la dernière coupe du monde de football ! en juillet 2006… Similitudes ou pas…

football-18.gifsligne_1051.gif 

Je ne peux aujourd’hui me priver d’une telle piqûre de rappel… Et oui, quatre ans plus tôt le scepticisme était bien présent… Nous étions aussi à la veille des élections présidentielles…

Aujourd’hui sur fond de scandale et de polémique….

L’équipe de France ne fédère pas ! Seul le patriote, celui qui se dit français et veut soutenir son équipe… coûte que coûte… a sorti son drapeau… Bleu, blanc, rouge… Je suis “françois le français…” la, la la…

Mais comment penser cohésion, esprit d’équipe quand les joueurs se promènent le long du stade, dans l’autocar, dans les vestiaires… munis de leurs oreillettes de balladeur mp3… Ils ne se parlent pas, n’échangent pas…. Les nostalgiques se prendront à imaginer Zizou “se disputant” avec  ses “copains” pour mettre un petit air de techno dans un autocar, là où Sagniol aurait peut-être demander un petit Cabrel… Les discussions allant bon train dans un autocar où, le chauffeur, pour satisfaire toute sa petite équipe aurait passé patiemment et un à un, tous les morceaux choisis… Mais aujourd’hui, l’équipe de France n’affiche pas l’esprit de groupe… Chacun est dans sa bulle hermétique… Pourtant le français, râleur à souhait, sur un air de rien… Il l’a visionné ce premier match contre l’Uruguay… Il a senti un léger potentiel… un petit coup de chance, un petit but aurait suffi à déclencher la liesse… Alors patientons un peu… Et en attendant je vous livre mes réflexions d’un autre temps…

 

sligne_1051.gifsligne_1051.gif

Déjà en 1998, l’ampleur du phénomène « Equipe de France », m’avait laissée perplexe ! Aujourd’hui j’avoue que cela m’amène à réfléchir sur cette France, si particulière puisqu’elle a « besoin » de chansons, de football ou les deux pour se sentir unie ou heureuse.

Lorsque je parle de chansons, c’est que je réalise que depuis quelques temps les plus grandes causes se plaident sur fond musical : la tournée des enfoirés, « sol en si » pour la lutte contre le sida, la gay pride, la fête de la musique (qui comme par hasard ou par nécessité commerciale et climatique n’a même pas lieu le jour de la patronne des musiciens Sainte Cécile, mais au mois de juin). En bref, dès qu’un événement particulier survient ou favorise la mobilisation, il ne se réalise que sur la base d’un : concert géant. A croire que lorsqu’il veut prendre les événements avec légèreté, l’homme se fait cigale plutôt que fourmi.

Et puis il y a le football. Et là, je suis presque navrée de constater que finalement certains français ne manifestent leur fierté d’être français que lorsque leur équipe nationale l’emporte. Il est vrai que durant la coupe du monde de football, qui a d’ailleurs commencé dans une ambiance fébrile, nous n’avons jamais vu autant de drapeaux français, et n’avons jamais autant entendu chanté la Marseillaise…

Alors c’est sûr, certains diront qu’il vaut mieux ça que les agitations dans les banlieues, les crises sur fond de CPE. A croire que les militants de gauche sont plus occupés à faire la « ola » dans les stades, oubliant leurs préoccupations hivernales consistant à manipuler le peuple pour qu’il fasse pression sur le gouvernement en place.

On en aurait presque oublié les futures présidentielles… Et la possibilité d’un « Royal » Président ! Non, la prise de la Bastille (bien que certains auraient aimé se payer la tête de Domenech !) n’est plus à l’ordre du jour. Aujourd’hui, place au foot !

Car, le phénomène est suffisamment singulier pour qu’on s’y arrête.

Avant même que la coupe du monde ne commence, la critique battait son plein et l’on peut déjà s’étonner d’une telle prise de position. Alors que nos « adversaires » étaient soutenus par leurs pays, l’équipe de France, sans même avoir posé le moindre crampon sur le terrain, était déjà critiquée. S’en oublier son entraîneur Monsieur Domenech qui avait déjà essuyé les plus vives critiques : à croire que les gens, les journalistes étaient mieux à même de juger les décisions d’un homme dont le métier, et l’expérience, notamment, consistent justement à préparer des équipes sportives à de grands événements.

Et c’est bien là, un mal de notre pays que de constater que chacun possède un avis sur tout alors qu’il n’a de connaissance que de « pas grand-chose ». Normalement, en réaction les hommes devraient au moins dire qu’ils ne savent pas, ils pourraient accorder le bénéfice du doute, ou s’abstenir de juger. Mais non, pour le quidam l’équipe était mal composée. Et de dire : « Certains devraient être à la retraite, d’autres sont trop jeunes, ils n’auront pas la carrure ! » Et nous retrouvons en ces mots anodins, en apparence, un malaise typiquement français : on ne fait pas assez confiance : ni aux jeunes (il n’y a qu’à voir la précarité des jeunes) ni aux anciens et l’on est rapidement considéré comme trop vieux (essayez de chercher un emploi après cinquante ans). Enfin bref, à l’heure où j’écris ces quelques pensées, la France est sur le point de jouer le match de la finale contre les Italiens. J’écris aujourd’hui car pour moi, quelque soit le résultat (bien que j’espère fortement que la France va l’emporter) mes réflexions sont mesurées et établies. Elles m’avaient déjà effleuré l’esprit en 1998, mais il me semblait que j’étais moi-même prise dans le tourbillon de l’ambiance festive et que j’avais perdu le sens des réalités. Mais aujourd’hui, tout me semble si évident…

Maintenant, la foule est en liesse. Une vague bleue a recouvert la France ! Les drapeaux sont de sortie, presque aussi nombreux qu’à la libération ! Les hommes ont revêtu l’habit bleu, on dirait presque qu’ils portent un uniforme. Et les Bleus, par la bouche de Zidane, viennent de livrer leur devise : « on vit ensemble, on meurt ensemble ». Et là je me surprends à penser qu’ils viennent de nous livrer une devise digne de celle d’un soldat, d’un régiment, d’un corps d’armées où la solidarité entre les hommes est essentielle. En effet, cette devise vaut aussi celle des sapeurs pompiers « sauver ou périr », « courage et dévouement » ou encore celle de l’armée de terre « Etre et durer », mais bien d’autres pourraient être citées en exemple… Les mots invitent à l’engagement, au serment comme les mousquetaires « un pour tous, tous pour un !», ou encore les chevaliers, tous réunis autour, non pas d’un ballon rond, mais de la Table Ronde  ; non pas en quête d’une coupe mais de la Coupe, le Saint Graal. Karl Jung dirait qu’à partir de l’idée d’inconscient collectif et depuis la nuit des temps les hommes véhiculent des archétypes, des peurs, et des besoins de se mettre à l’épreuve. Ils ont également besoin de héros, d’idoles, de dieux du stade.

Sur le terrain, au sein de l’équipe de France, les liens se resserrent et l’on constate que le même phénomènes se produit parallèlement, comme par analogie, entre les supporters et même que cette contagion affective gagne l’ensemble des français : « Allez les bleus !».

Un esprit de corps vient de naître, des drapeaux, la Marseillaise chantée à tue-tête : voici une nouvelle forme de patriotisme. Nous voilà tous réunis, quelque soit notre milieu social, nos origines, notre couleur de peau, riche ou pauvre… C’est là que la magie opère.

Puisque le service militaire n’existe plus, les hommes ne fraternisent plus dans leurs différents régiments, sur le terrain des manœuvres, autour d’une popote, échangeant sur leurs régions d’origine, sur un magazine frivole, ou sur un fait de guerre ; mais aujourd’hui cela se passe plutôt dans la pratique des sports collectifs, où lorsqu’ils se fédèrent autour d’une équipe.

D’ailleurs, ces derniers temps les clubs de supporters se multiplient, comme autant de raison de se fédérer, de faire bloc, de vivre collectivement, vibrer pour la même chose. Comme si les hommes ne pouvaient finalement rêver qu’à travers une équipe qui les représente. C’est grave, de ne plus pouvoir rêver pour soi. De ne plus rien envisager de fou, de surhumain, de délirant, d’exceptionnel : faire le tour du monde, trouver le médicament guérissant du cancer, délivrer l’humanité du SIDA, mettre en place un régime politique qui réduirait les inégalités sociales… C’est incroyable de se dire que les hommes vivent si repliés sur eux-mêmes qu’ils ne pensent plus qu’un projet commun puisse être envisageable. Alors que finalement, les grandes découvertes, les aventures humaines, les plus belles conquêtes « amoureuses » ne se sont finalement produites qu’à partir d’hommes particuliers, qui ont su motiver autour d’eux des hommes qui les ont suivis. Il fallait des projets fous, ils fallaient y croire avant d’entreprendre, sinon rien n’aurait été réalisé. Qu’auraient été Christophe Colomb sans son équipage, Pasteur sans ses chercheurs, ses infirmiers, le Christ sans ses apôtres, les mécènes sans les peintres… La victoire d’un homme est souvent celle d’une équipe.

Finalement, ce qui est mis en relief par cette Coupe du monde est affligeant. La société est tellement économique, individualiste que peu de choses unissent les volontés, suscitent les énergies. Le travail est parcellé, les études critiquées, nos cerveaux partent à l’étranger, l’argent a pourri le cœur des hommes. Mais ne nous laissons pas aller à la nostalgie.

Poursuivons cette analyse…

Je disais donc que nous en étions arrivée à une équipe qui fonctionne comme une structure militaire, qui travaille, qui s’entraîne.

« Tu veux vaincre aux Jeux Olympiques ? Et moi aussi, par les Dieux ! Car c’est un noble triomphe. Mais examine les antécédents et les conséquents de ce projet, et alors seulement entreprends-le. Il faut te discipliner, régler ta nourriture, t’abstenir de friandises, faire des exercices forcés et réglés selon l’heure, la chaleur, le froid, ne pas boire de l’eau froide ni de vin à tout hasard ; bref, il faut te livrer à ton entraîneur comme à un médecin. Ensuite, dans l’arène, il faut creuser la terre, quelquefois se démettre une main, se tordre la cheville, avaler force poussière, parfois aussi être fouetté, et, après tout cela, être vaincu »1.

La discipline, les entraînements, les autorisations de sorties, de voir sa famille, conserver le secret des tactiques de jeux… Effectivement, tout y est ! Et l’ordinaire de nos joueurs ressemble au quotidien de nos gens d’armes. A cette différence, et qui est à mon sens essentielle, que l’équipe de France ne représente pas un Etat, mais plutôt une Nation. C’est ce qui change tout.

Et à voir les supporters se préparer, on pourrait presque crier : « Aux armes citoyens ! » Ils se parent des habits bleus, se peignent le visage, comme ils abhorrent une peinture de guerre. Ils préparent les chants pour intimider les supporters des équipes adverses.

Les journalistes qui commentent les événements utilisent également ce langage guerrier : « on va terrasser l’adversaire, la bataille sera difficile, on devra livrer un âpre combat… »

De toute évidence, les hostilités commencent. Même si elles sont métaphoriques, nous savons que les stades sont aussi et malheureusement le théâtre de violences illégitimes, d’échanges d’injures, de propagation du racisme (2) qui s’y expriment trop souvent. C’est dire si le sport a manqué son objectif. Et ainsi, le stade devient le lieu d’expression commun d’un esprit anarchiste, où les bandes rivales se donnent rendez-vous pour s’affronter et en découdre avec les forces de l’ordre. Remarquons ici que nous ne sommes pas encore sorti de l’époque romaine qui réclamait : « du sexe et des jeux ».

Non, loin du stade est, rappelons-le, aménagé un « baisodrome géant » ou plus communément appelé « bordel ».

Mais certains diront qu’il ne faut pas sortir de l’événement sportif, de la beauté du geste, la stratégie du jeu ! Qu’il faut fermer les yeux sur les dérives possibles : les erreurs d’arbitrages (qui sont, à ce niveau là et à mon sens égales à des fautes professionnelles ! A quand la vidéo pour les matchs importants ! N’oublions que cela aurait complètement changé le score du match France-Corée !), le dopage, l’argent, le jeu parfois un peu trop musclé (3) (quel exemple : le match Portugal Allemagne !), le foot bizness(4) (avec des transfert à taux exorbitant), la morale décadente. En bref, la démesure. Chut  ! Mais enfin, ne gâchons pas la fête !

A l’heure où des petits gars sur leur vélo s’apprêtent à gravir les montagnes du Tour de France, un Tour de France qui cherche désespérément (en dehors des affaires de dopage) à se faire une place parmi les événements sportifs les plus importants de l’été, chacun formule ses pronostics pour la finale. Décidément …

A défaut d’être en Allemagne, c’est l’été et cela sent les vacances ! Le pastis coule à flot, la mer est bleue, la Vague Bleue vient d’envahir la France. Les français avaient donc besoin d’oublier la hausse du carburant, les impôts, la précarité de l’emploi, la canicule, leurs problèmes de santé, la politique… Après la vague bleue, ils penseront à nouveau au tsunami économique et social …

Mais pour l’heure, ne faisons pas de mauvais esprit : « Allez les bleus » ! « Allez les bleus ! »

Le 5 juillet 2006

Epilogue :

La victoire sera pour une autre fois. Les Bleus se sont bien battus et nous avons pu assister à une belle domination française surtout en seconde mi-temps. Mais l’équipe de France a manqué dans l’offensive puisqu’elle n’a pu concrétiser ses actions. C’est donc au terme des prolongations et des tirs au but que la France a du s’incliner devant l’équipe italienne. Nous retiendrons toutefois l’action suicidaire d’un Capitaine qui dans les dernières minutes a visiblement manqué de sang-froid changeant ainsi la devise : « on vit ensemble, on meurt ensemble » par « je meurs et vous tombez avec moi ! » C’est chose faite. Heureusement qu’il ne s’agissait que d’un match. Quelle belle solidarité… la fuite du chef. Il est vrai que l’agilité de Zidane a manqué lors des tirs au but ! Et qui sait, sans cette expulsion du terrain la tournure qu’aurait pris finalement ce match ? Mais nous ne referons pas l’histoire.

Quelle déception de voir partir ainsi un virtuose du ballon : non pas sur une défaite, car je le répète c’était un beau match et l’équipe de France n’a pas démérité. Mais de partir sur un tel geste, c’est bien regrettable !

Parce que : « Si tu prends un rôle au-dessus de tes forces, non seulement tu y fais pauvre figure, mais celui que tu aurais pu remplir, tu le laisses de côté. »5

Consolons nous de constater qu’une jeunesse prometteuse s’est révélée au cours de cette coupe du monde. Toutefois, le grand vainqueur de cette aventure reste Raymond Domenech, glorieusement reconduit dans ses fonctions.

Ainsi va l’histoire du foot, l’expression crue de la popularité. Ainsi, tout ce qui se passe dans le stade, y est représenté ou incarné, ne constitue finalement que le miroir de notre société.

 

 sport_107.gif

1- Le Manuel , Epictète, § XXIX, 2.

2- « D’autant que ces écrits provocateurs sont suivis avant la rencontre par des appels xénophobes dans des tracts distribués à l’entrée du stade. « Attention, attention ! L’équipe de France que vous allez voir n’est pas la véritable équipe de France, mais une formation de naturalisés et d’étrangers qui comprend des Polonais, des Hongrois ou des Italiens, comme Ruminski, Gianessi, Ujlaki, Kopaszewski, Ferry, Curyl, Piantoni… N’hésitez pas à siffler. Ce ne sont pas les vrais footballeurs français que nos joueurs vont chargés. Sifflez-les ! » ». Kopa par Raymond Kopa, p 88. Editions Jacob-Duvernet.

3- « Car les joueurs, hier charmants et talentueux, se transforment aujourd’hui en brutes épaisses ; leur seul souci, la seule consigne de leurs entraîneurs, est de faire mal. Pire, ils s’exécutent sous l’oeil souvent bienveillant de ceux qui devraient faire respecter le jeu : les arbitres. » Kopa par Raymond Kopa , p 154. Editions Jacob-Duvernet.

4- « Précurseur en bien des domaines, je le suis aussi dans le football business . Pour la première fois, un sportif associe son nom à toutes sortes de produits. Dès la naissance de ma notoriété, je me suis acharné à rentabiliser les deux syllabes connues de tous, « kopa ». Ballons, chaussures, vêtements de ville, de sport, jus de fruits, très vite mon nom figurait sur une multitude d’articles. Ce nom, je le valorisais, je capitalisais dessus. J’ai lancé cette idée, reprise depuis par bon nombre de sportifs, de footballeurs. » Kopa par Raymond Kopa , p 182. Editions Jacob-Duvernet.

5- Le Manuel , Epictète, § XXXVII .

L.v.v

|