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Vouloir philosopher ! Laurence Vanin-Verna et André Comte Sponville - Librairie Decitre Lyon

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Vouloir philosopher
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Philosopher consiste en une disposition d’esprit particulière. Par son étymologie, la philosophie, philosophia de philein aimer et sophia sagesse, signifie que philosopher, c’est aimer la sagesse. Cet amour nous invite à tendre vers elle, à vouloir devenir sage.
Cette sagesse est à envisager comme l’appropriation d’un savoir et par conséquent, concerne celui qui est raisonnable. Cela signifie que le philosophe demeure l’ami de la sagesse et qu’il s’évertue à la détenir.
 
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Comment concevoir cette sagesse ?
 
- D’un point de vue théorique, elle se caractérise par le savoir, la science, la quête de la vérité.
- D’un point de vue pratique, elle renvoie aussi à une attitude sage, modérée et réfléchie.
 
Ainsi, le philosophe désigne-t-il celui qui détient un certain savoir et qui parvient à se maîtriser, en toutes circonstances. Il use de son esprit pour agir raisonnablement et en homme de bien.
Toutefois, le philosophe ne peut réfléchir à des concepts vides qui le détacheraient du monde et donc des hommes. La naissance de la sagesse consiste en la prise de conscience de cette ouverture au monde.
Le pouvoir de la pensée consiste en ce qu’à chaque fois qu’elle s’interroge, elle exprime le point de départ d’une nouvelle construction. Ce point initial désigne une totalité individuelle correspondant à une période, une culture, un caractère particuliers. Il coïncide avec celui qui se met à penser, au moment où il pense. Ce penseur, qui est en sympathie avec son époque, constitue un axe novateur de la pensée qui s’élabore à partir d’un déjà-là, à savoir les acquis personnels de celui qui réfléchit. Cependant sa réflexion s’inscrit dans l’histoire collective de la pensée. Les philosophes passés constituent un héritage qui mérite d’être examiné, même si c’est pour en contester la valeur. Constatons également que dans l’Antiquité tous les savoirs étaient mêlés et l’on n’était pas philosophe si l’on n’était pas non plus physicien, historien, etc. Cela manifestait la volonté d’accéder à l’universalité du savoir.
La philosophie n’est cependant pas seulement une science, elle invite aussi à une attitude intellectuelle qui prépare à l’action. L’homme qui s’adonne à la philosophie se situe entre la science et l’ignorance. La réalité existentielle met l’homme à l’épreuve. Ainsi la conscience souhaite-t-elle vérifier son savoir. D’autant que chaque événement vécu la place face à une situation inédite à laquelle elle va devoir s’adapter. Et elle n’a de cesse que son progrès.
La philosophie renvoie également à une éthique du bonheur. Nous l’avons dit, l’homme possède des principes internes qui suscitent en lui les motifs de l’action. Cette dernière est réalisée à l’aide de la volonté, c’est-à-dire de la tendance qui pousse l’homme au choix ; et les mobiles qui déterminent l’action sont liés à la connaissance car ils sont filtrés par la raison, qui a pour tâche de synthétiser ses motifs et de donner en quelque sorte son approbation au vouloir.

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