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La dynamique de l’agir chez l’homme d’après Leibniz
Evoquer une dynamique de l’agir chez l’homme, c’est considérer l’importance de ce qui peut susciter en lui une tendance à l’action, mais c’est aussi s’interroger sur la nature même d’une substance afin de savoir s’il est possible de découvrir dans son mode d’être, un élément qui justifie et par conséquent explique l’origine de nos actions. C’est également investir le système leibnizien dans sa totalité afin de saisir l’ampleur de l’activité substantielle d’un point de vue universel, dans le cadre de l’harmonie, mais aussi dans sa portée vis-à-vis d’un éventuel accès au royaume de la nature et de la Grâce, véritable récompense obtenue par les âmes vertueuses.
Qu’est-ce qui nous pousse à agir ? Ou plus précisément, qu’est-ce qui motive et engendre en nous l’action ? Un mouvement ou une force ? Et en quoi nos actes diffèrent-ils de ceux effectués par Dieu, ou par un quelconque animal ?
Posant ainsi la hiérarchie des monades au coeur de l’étude, nous référant alors à la Monade suprême lieu de toutes les perfections, puis à l’homme, (monade bien qu’inférieure en perfection à Dieu ), située en tête de la série monadique, nous verrons que l’acte chez l’homme prend toute son ampleur par la révélation d’un fond inconscient, qui éclairé par la raison peut engendrer une réflexion sur les actes incluant alors la responsabilité de celui qui les produit. L’homme contrairement à l’animal, peut réfléchir sur les conséquences de ses actions et ainsi, elles ont une portée morale voir même vertueuse, car l’homme doit au jugement dernier en rendre raison devant Dieu.
Leibniz est l’auteur d’une dynamique particulière, et se détachant de Descartes contre lequel il s’insurge dénonçant les erreurs de son système, il émet une critique face à la notion d’étendue et d’inertie réaffirmant alors la spécificité de la substance. Ainsi , il s’élève de la physique à un aspect plus métaphysique exposant les caractéristiques substantielles, d’une unité englobant une multiplicité, qu’il nomme alors perceptions, récusant le vide puisque les Monades perçoivent l’univers tout entier, sans qu’elles en aient toujours conscience. Dans une philosophie revalorisatrice de l’inconscient, que le cartésianisme avait évincé au profit d’une pensée orientée par l’irrévocabilité du “cogito”, Leibniz instaure un arrière-fond, un inconscient où se trouvent les inflexions premières de nos actes, d’où jaillissent nos tendances ou appétitions qui correspondent alors en quelque sorte à nos volontés. C’est sur un fond d’inquiétude que se détache alors une nature désirante qui détermine nos choix, véritables actes de connaissance, d’idées confuses qu’un travail, qu’un effort de l’esprit, tend à rendre distinctes; nos tendances inconscientes dont on ne peut rendre directement raison, orientent nos actes sur un fond constitué de pensées sourdes qui sont comme des petits ressorts semblables à des sollicitations internes encore inaperçues mais qui sont capitales dans la réalisation de nos décisions.
Orientant ainsi notre recherche, nous pouvons en un premier temps définir ce qu’est la substance, à partir de principes logiques qui sont à la base de sa constitution. Ils attestent déjà d’une unité construite et enfermant une pluralité de prédicats révélateurs d’une intériorité.
Aussi, envisageons plus en détail les qualités internes spécifiques à la substance considérant alors deux axes d’analyse :
- l’un sur la perception, élément qui permet à la Monade de se représenter ce qui se passe hors d’elle, et qui peut posséder divers degrés de distinctions dont nous dévoilerons l’importance dans la suite de notre exposé.
- l’autre sur l’appétition , principe interne de changement qui justifie d’une capacité de passer d’une perception à une autre, et peut alors être considéré comme un effort de changement, ce qui mettra en valeur un principe d’action substantiel davantage pensé comme force que comme mouvement.
En un troisième point, nous ne pouvons que constater la richesse interne de la substance, caractérisée par une force (Kraft comme le précise Leibniz), véritable puissance d’actualisation d’un contenu virtuel variable qui “s’efforce” vers l’avenir. Nous remarquons alors un effet d’ensemble harmonique où tout concourt selon le projet divin agencé initialement.
Notre propos de définir l’élément dynamique de la substance nous incline à examiner si dans son mode d’être elle n’est pas déjà active, et à poser une première interrogation : qu’est-ce que la substance ?
L.V.V
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